Texte critique Alexandra Fau. pour le Parrainage du prix Arcimboldo

Alexandra Fau, critique d’art

« …Grâce à cette manipulation insidieuse, elle transforme un environnement lié au plaisir et à la détente, en carcan volontaire dont le corps ne saurait ni même ne voudrait se défaire… »

A propos de la série « En eaux troubles » de Christine Barbe

Bien que les clichés de la Série « En eaux troubles » semblent avoir été pris sur le vif, ils sont obtenus en réalité à partir d’images retravaillées en diptyque ou en triptyque pour former une seule entité.

L’artiste concilie dans ce travail le jaillissement très spontané du motif, l’effet « bougé » du réseau de lignes formées par les mosaïques de la piscine, à un contrôle permanent de l’image.

Grâce à cette manipulation insidieuse, elle transforme un environnement lié au plaisir et à la détente, en carcan volontaire dont le corps ne saurait ni même ne voudrait se défaire.

S’il semble entravé dans ses déplacements par la force de l’eau, l’éclairage blafard en dilue les chairs jusqu’à le confondre dans cet environnement aquatique.

Au-delà des clichés, faut-il y voir le corps humain aux prises avec des obstacles invisibles ou encore non définis imposés par le monde contemporain aussi lisse que virtuel ? Et par extension, ce à quoi ces corps en apparence libres et vaporeux sacrifient leur liberté ?