miroir hypnotique de nos angoisses. Christophe Dard.

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L’artiste développe un espace de réflexions inachevées et universelles, espace perpétuellement nourri par les voyages et les interrogations humaines, l’enfermement, le déracinement ou la question de l’identité… De tout cela émergent des représentations intimes et fascinantes dans lesquelles Christine Barbe se met en scène.
L’art devient alors une équation mathématique. Les vidéos donnent des photographies et des installations puis des dessins et des peintures enrichies parfois d’encres et de solvants. Ce cheminement déroutant, tel un parcours initiatique, est parfaitement reconstitué dans l’exposition. Christine Barbe a fait appel à un scénographe et une partie de la galerie est plongée dans la pénombre. 

Dans ses travaux, l’artiste apparaît à la croisée des éléments, le feu, l’eau, la terre, l’air. Ses doutes et ses peurs marquent le corps et le visage, chairs mortifiées, disloquées, abîmées, en proie aux flammes ou en apesanteur dans les mailles d’un faisceau lumineux. Elle est comme paralysée dans des no man’s land énigmatiques. Ces représentations qui se déclinent en plusieurs images rappellent d’ailleurs les peintures de Francis Bacon, explorateur insatiable de la déformation des mouvements du corps et des visages. 

Christine Barbe complète néanmoins ces déformations par l’universalité symbolisée par les langues. Ces langues ont un double objectif, délivrer un message intérieur de réflexion et en même temps elles sonnent comme un appel à l’aide car chez l’artiste chaque œuvre est une épreuve mais aussi un besoin vital de liberté, de plénitude et d’apaisement comme le soulignent les titres donnés à ces séries (Rêves de rébellion). 

La ligne de flottaison, qui donne son nom à l’exposition, prend alors tout son sens. Ce tracé abstrait censé être la variable d’ajustement d’un monde en équilibre ne cesse de céder sous le poids des conversations à bâtons rompus avec notre existence. L’artiste est alors une sorte d’héroïne romantique. Elle cristallise les malaises pour les extérioriser afin de mieux se libérer de ses carcans destructeurs qui sont aussi les nôtres.

Comme le dit Anne Kerner dans le catalogue consacré à l’exposition et édité par la galerie Eric Mouchet, « Le combat de Christine Barbe, marqué au sceau d’une innommable beauté, traduit les séismes de l’être d’aujourd’hui ». Regardez bien les installations et les performances de Christine Barbe… Vous y trouverez peut-être votre portrait dans ces miroirs déformants… »

Christophe Dard.